Lorsque durant l’hiver 2023 Monica Santos & Mat Jacob m’ont proposé une carte blanche « littéraire » à Zone i, la forme du roman s’est imposée immédiatement. Je ne suis pas romancier et je ne le suis pas devenu. Des personnages se sont pourtant faufilés dans ma vie et ne m’ont plus lâché durant les mois qui ont suivi. J’ai habité une petite fille, une vieille femme, des insectes, un braconnier, je suis mort dans une fosse à purin dix fois et me suis recroquevillé dans une maison qui ressemblait à une forêt.
"Le photographe écrit avec la lumière, dit-on. Sauf que, là, nous avons fermé la lumière pour qu’il ne reste plus que l’imaginaire. Et l’écriture. Julien Coquentin, photographe aguerri à l’observation des territoires, a relevé le défi : ne pas photographier. Écrire. Que deviennent les images lorsqu’un photographe est privé de son outil ? Quand il ne lui reste que ses yeux en terrain inconnu et la substance de son imaginaire ? Avec la liberté qu’offre une carte blanche, le photographe s’est fait violence et a choisi la forme du roman. Qu’a-t-il fait du territoire ? Qu’a-t-il fait du réel ? Julien scanne la part d’ombre de la psychologie humaine, et s’inspire d’un tableau de maître à la lumière de la bougie pour nous conter la fragilité de l’existence. C’est au moulin de la Fontaine à Thoré la Rochette, au creux de la vallée du Loir, qu’une petite fille grandit et traverse l’Histoire, des années 40 à nos jours. Il y a du polar dans le récit de Julien, du fantastique et des tragédies, de la tendresse et du temps qui passe. Ce travail vient clore le cycle de résidences porté par deux structures en Centre-Val de Loire, et durant quatre années consécutives. »
Mat Jacob
Mat Jacob