De longs doigts, vernis bleu nuit écaillé, une main tremblante, d’autres qui agrippent, empoignent, une main qui prend soin, de la terre, des corps. Du tabac froid, ombre à la pulpe du pouce, chaleur de la paume. Un sourire, le bout des doigts sur ses lèvres, une pelote de laine sur le sol. Un seul poing. À plat, posées sur les genoux.
Les semaines sont passées et je les ai observées, puis photographiées. Peut-être, parfois, cela n’avait-il ni queue ni tête, comme d’attraper un nuage, tracer une figure, une bouche, lunule pâle, un crayon entre deux doigts crispés, dessin de cabanes, pions noirs, mains adroites, dansantes, des mains comme des mots, une clope encore, volutes, va-t’en.
À la toute fin, ce sont des images de visages, des histoires à voir, une mémoire qui va et vient, dans ce lent mouvement d’une main qui bat la mesure, des pas sur le ciment, là-bas l’écho de nos voix.
Écoute.
Je remercie l’Association Hospitalière Sainte-Marie, celles et ceux qui ont accepté de me confier un bout de leur histoire, de leur visage, qui m’ont tendu des mains chaleureuses, l’ensemble du personnel de l’unité Sainte-Cécile du Centre Hospitalier Sainte-Marie Le Puy-en-Velay, de la maison d’accueil spécialisée Vellavi à Saint Paulien, du foyer de vie Marie Marthe à La Roche-Blanche, de l’EHPAD « Le Cap Veyre » à Veyre-Monton, de l’hôpital de jour « La Clé des champs » à Gabriac, de la cafétéria, de l’unité de thérapie médiatisée, des équipes mobiles psychiatrie-précarité du Centre Hospitalier Sainte-Marie Rodez, pour l’accueil, la gentillesse et l’écoute dont on a fait preuve à mon égard.

Back to Top