J’ai découvert Arthur Rimbaud, à la toute fin des années 90, alors que je vivais à Marseille. Il ne m’a plus quitté longtemps. Lorsque Michael Serfaty et William Guidarini m’ont proposé de participer à la résidence objectif 2.1.7, le poète a aussitôt jailli. J’avais en mémoire cette lettre dictée à sa sœur Isabelle, alors qu’elle le veillait depuis de longues semaines. Lui, qui mourait à petit feu d’un cancer, allongé dans une salle de l’hôpital de la Conception, lui que l’on avait amputé au-dessus du genou droit, lui encore que Verlaine avait appelé « l’homme aux semelles de vent » et qui, à la veille de sa mort, cherchait à prendre un bateau. 
Partir. 
" M. le Directeur, dites moi à quelle heure je dois être transporté à bord. 
9 novembre 1891." 
Alors, chaque jour et ce durant une semaine, j’ai marché de l’hôpital à la mer, photographiant ce qui m’entourait. Là où Rimbaud voulait s’en aller.
"J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse."
Je remercie Alexandre Herba du ballet Preljocaj de m’avoir confié l’immense grâce de son corps pour accompagner les derniers pas du poète. Une résidence belle et très riche en compagnie d’Isabelle Chapuis et Patrice Terraz. Un projet porté par Le Pangolin , en résidence au Garage Photographie.

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